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Mexique : les Mayas adoptent l’agroforesterie

Marie Boyeux, jeune ingénieur agronome, présente le Projet Maya que nous développons avec notre partenaire Nukuch K'a'ax A.C. au Mexique. Un regard et des témoignagnes sur ce projet d'agroforesterie  qui visent à améliorer les conditions de vie des communautés mayas de la Péninsule du Yucatán.

En août dernier nous avons rencontré Marie Boyeux, jeune ingénieur agronome, diplômée d'AgroParisTech qui nous a présenté son projet Des Graines dans le Vent. Son objectif est de partir à la rencontre des paysans d'Amérique Latine, et de découvrir le monde agricole

Marie B. est donc partie à la rencontre des producteurs de la coopérative Nukuch K'a'ax A.C. au Mexique et à la découverte du Projet Maya que nous développons avec ce partenaire terrain. Elle a ainsi rédigé un article sur la thématique de l'agroforesterie pour la revue de presse La France Agricole, que nous vous proposons de découvrir.


Article de presse

En ce matin d’octobre, dans les grandes plaines forestières humides du Yucatán, une communauté maya s’est retrouvée pour planter dans une parcelle de haricots rouges des cèdres acajou pour le bois d’oeuvre, des « huanos » pour les toits des maisons ou encore des guayabas pour leurs fruits.

« Nos ancêtres les laissaient pousser par bandes dans leurs champs. Aujourd’hui, nous plantons ceux qui nous intéressent », explique José, membre de la communauté à l’origine du projet. Les paysans sèmeront ensuite du maïs et des courges pour reconstituer la base de l’agriculture maya appelée « milpa », technique qui associe les trois plantes sur une même parcelle.

Discution avec les partenaires locaux du projet de reforestation

Dispositif expérimental

Trois jeunes Français (un ingénieur forestier, un ingénieur agronome et un spécialiste du commerce des bois tropicaux) leur ont créé un modèle agroforestier sur mesure. Ce sont les Mayas qui ont fait appel à eux pour s’occuper de lever des fonds et mettre en place les expérimentations. Ils bénéficient également de l’aide de l’Office nationale des forêts mexicain (CONAFOR) et d’une entreprise de financement participatif (IMNERGY).

« Avant, on travaillait la terre avec une rotation sur une trentaine d’années, dont vingt-cinq de jachère forestière. Ici, le sol devient vite peu fertile, confie José. Dans le contexte économique actuel, si on veut continuer de manger correctement et se moderniser un peu, il faut produire plus, chose difficile avec nos terres capricieuses. »

Avec l’agroforesterie, les Mayas espèrent augmenter leurs rendements afin de vendre le surplus sur les marchés de la région. L’agroforesterie permet aussi de réduire la pression exercée sur les forêts du Yucatán, dont quasiment un tiers a disparu dans les années 80 pour favoriser le développement de l’élevage extensif.

Producteur en train de planter un arbre sur la parcelle d'agroforesterie

Dynamique locale

L’association « Nukuch K’a’ax » rassemble une trentaine de communautés mayas depuis 7 ans et expérimente de nombreuses solutions techniques (sylvo-pastoralisme, milpa « améliorée », paiement pour « services écosystémiques »).

Dans les mois à venir, l’association pourrait devenir une coopérative pour améliorer la commercialisation des produits. Mais, bien qu’ils travaillent depuis des siècles en communauté, le système coopératif, tel qu’envisagé par les partenaires européens n’est pas naturel pour les Mayas. Il faudra encore du temps pour qu’ils en comprennent le fonctionnement et se l’approprient.

Boyeux, M (2014, décembre). Mexique - Les Mayas adoptent l'agroforesterie. La France Agricole, 3569, p.18

Crédit photo : Jonathan Guyot - 2014

Publié le 13/01/2015 dans la catégorie Projets.